Comment choisir un bon tensiomètre

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Depuis 15 ans je fais de la recherche en cardiovasculaire, plus précisément sur les tensiomètres et le diagnostic des maladies artérielles périphériques.

S’il y a une chose que j’ai appris dans les quinze dernières années, c’est que la mesure de la tension est une science très imprécise, car elle est complètement à la merci des utilisateurs et de certains facteurs aléatoires tels que le poids, le tour de bras et le suivi des manuels d’instructions par les utilisateurs.

En effet, aujourd’hui n’importe qui peut se procurer un tensiomètre et mesurer plus ou moins précisément sa tension artérielle à la maison. Notez que j’utilise les mot « plus ou moins précisément » car il existe aujourd’hui sur le marché une pléthore de produits qui se disent tous plus précis les une que les autres. Comment faire la différence antre les un et les autres ? Lequel est le bon ? Tous les tensiomètres se disent validés, mais ils donnent tous des résultats différents. Comment est-ce possible ?

L’origine de cette question se trouve dans le passé. De temps en temps, quand on regarde les instruments du passé, on se demande comment on a fait pour en arriver où on en est aujourd’hui. Comme par exemple ce tensiomètre qui proposait de prendre une tension au niveau des carotides, et qui, pour des raisons qui nous paraissent aujourd’hui évidentes, n’a eu aucun succès commercial. Mais il nous faut quand même respecter cet instrument, car il démontre le dévouement des hommes de science d’antan et le niveau de sacrifice qu’ils étaient prêts à faire. J’utilise le mot sacrifice, car je suis plus ou moins certain qu’il y en a quelques uns qui ont laissé leur vie sur cet instrument.

C’est en 1773 que Stephen Hales, un vétérinaire britannique à découvert qu’il y avait une pression artérielle dans le corps humain et que cette pression pouvait en théorie être mesurée. Stephen Hales fit ses tests sur une jument qu’il allongea sur son côté et il inséra un tube de verre de 7 pieds relié à une canule de plomb dans une de ses carotides. Il nota que le sang montait et descendait dans la colonne de verre et il en déduit qu’il existait une force de pression hydraulique dans le corps. Par contre, Stephen Hales n’avait pas encore compris l’intérêt de cette pression, et la méthode d’insérer un tube de verre de 7 pieds relié à une canule de plomb dans une artère était fortement envahissante et hautement inadéquate pour usage clinique. C’était assez dur de trouver des volontaires. Cette découverte resta donc inutilisée pour plus de 100 ans.

Dans la deuxième moitié du 19ème siècle, diverses machines sont apparues, surtout en France, pour aider le médecin à affiner l’art de la palpation, mais c’est en 1905 que le tensiomètre moderne est né, avec Dr Nicolaï Korotkov, un docteur de St Petersburg.

Korotkov découvrit que si l’on compressait l’artère humérale contre l’os avec un brassard et que l’on laissait lentement baisser la pression dans le brassard, l’on pouvait entendre avec un stéthoscope des sons très distinctifs du sang passant par les artères. Il en déduit que le premier son équivalait à la force maximale dans les artères (ce que l’on appelle la Systole) et que le dernier son était la force minimale dans les artères (ce que l’on appelle la Diastole). Il présenta sa découverte à un congrès de médecine à St Petersburg. Les médecins du monde entier virent immédiatement l’intérêt de la systole et de la diastole pour mesurer rapidement la santé du cœur. Par contre il n’existait pas encore de machine capable de le faire précisément et rapidement. La course commença pour trouver un appareil de diagnostic et l’ère du tensiomètre moderne était née.

Riva Rocci, en Italie fabriqua le premier appareil capable de mesurer la tension artérielle moderne, et en 1907, Charles Laubry inventa le sphygmotensiophone, qui était vraiment le premier tensiomètre moderne. Charles Laubry s’associa plus tard avec le prof Henri Vaquez et le fabricant Français Emile Spengler pour créer leur fameux modèle, le Vaquez-Laubry, qui est encore vendu aujourd’hui.

Sur cette fabuleuse photo de 1918, on voit M. Emile Spengler mesurant la tension artérielle de M. Charles Laubry. Le geste est encore délicat et photogénique. L’heure n’est pas encore à la banalité.

Jusqu’en 1976, la mesure de la tension est restée exclusivement un geste médical, réservé aux médecins. En 1976, National Panasonic invente le premier tensiomètre digital. Très vite le tensiomètre digital s’impose dans le milieu du grand public qui commence à découvrir les joies de la gestion du capital santé.

Malheureusement, comme dans le cas de beaucoup de nouvelles technologies, les premiers tensiomètres digitaux ne sont pas très précis et il faut vraiment 15 ans avant que des standards de qualité s’imposent. Il existe aujourd’hui plus de 400 fabricants de tensiomètres digitaux qui se disent tous plus précis les uns que le autres.

Comment pouvons nous séparer les bons des mauvais ?

La première chose à regarder est la validation du tensiomètre. Deux standards de précision se sont établis globalement. Le premier est le standard de la BHS (British Hypertension society). Ce standard a été établis en 1992 et est un standard particulièrement difficile. Il valide les tensiomètres contre un tensiomètre à mercure classique sur 88 patients et compare les mesures de la systole et de la diastole et ensuite donne des grades de précision pour la systole et la diastole. (A/A, A/B, etc.) Le standard de le BHS est de loin le meilleur, mais il est particulièrement cher et difficile à obtenir. Les grands fabricants ont tous fait l’effort pour faire valider leurs tensiomètres selon ce standard.

Par ce que le standard de la BHS était tellement contraignant qu’il était peu utilisé, la Société Européenne d’Hypertension à établi en 2000 un nouveau standard, le standard de la ESH, qui compare la mesure de la systole et de la diastole sur 33 patients, et qui est donc beaucoup moins cher et beaucoup plus rapide que le standard de la BHS. La plupart des fabricants utilisent aujourd’hui ce standard. Malheureusement, le standard de le ESH ne donne pas du tout de grades et octroie tout simplement un résultat de « Passe » ou « Échoue».

Donc la première chose à regarder est la validation. Généralement, si le tensiomètre est validé selon un de ces deux protocoles, il devrait être acceptable.

Ensuite il y a l’AFSSAPS… Contrairement à ce qu’on pense, l’AFSSAPS ne valide pas les tensiomètres. L’AFSSAPS examine tout simplement les validations faites par les fabricants et si elles sont en ordre, l’AFSSAPS rajoute tout simplement le tensiomètre à la liste des instruments validés. L’AFSSAPS ne fait en fait qu’une validation documentaire des tensiomètres.

La prochaine étape à regarder est la qualité du fabricant lui-même. La qualité du fabricant est une chose très importante, car les fabricants qui vendent des appareils souvent non validés ont tendance à ce servir de marketing inutile pour valoriser leurs instruments et pour cacher le fait qu’ils n’ont pas de validations. Ils ajoutent de plus en plus de fonctions inutiles qui paraissent très importantes mais qui ne servent à rien. J’ai reçu l’autre jour un tensiomètre avec 2000 mémoires… WOW… Aussi des tensiomètres qui sont étanches, qui font cric-crac boum, qui parlent et qui permettent presque de faire le café à la maison.

Tout cela est complètement inutile… Dans mon opinion, il n’y a eu qu’une avancée majeure qui a été proposée dans les dernières années, et cette avancée est la technologie MAM (Mesure Artérielle Moyenne) de Microlife.

La tension d’un individué fluctue d’environ 30 points pendant une journée normale. Si une personne est stressée, il est normal que sa tension soit un peu plus élevée. Si une personne est inquiète, il est aussi normal que sa tension soit élevée (c’est ce qu’on appelle « l’effet blouse blanche ») et il existe maintes autres raison pour que la tension fluctue d’une minute à l’autre.

A cause de ça, toutes les recommandations internationales disent qu’il faut se relaxer pendant au moins 5 minutes avant de prendre un tension, qu’il faut être bien reposé et qu’il faut toujours prendre minimum 3 mesures d’affilée et faire la moyenne des 3 mesures pour vraiment avoir une tension représentative.

C’est pourquoi le Comité Français de Lutte Contre L’Hypertension Artérielle préconise la « Règle des Trois », ou un patient devrait prendre sa tension le matin et soir trois fois d’affilée et ceci pendant 3 jours et faire la moyenne de toutes les mesures.

La technologie MAM vas encore un point plus loin. En effet, quand un patient s’assoit pour prendre sa tension, la première mesure est presque toujours un peu plus élevée que les deux dernières à cause des pressions hémostatiques dans son corps. Avec la technologie MAM, cette différence entre les pressions est pondérée et les excédents sont automatiquement éliminés pour donner une moyenne pondérée. Par exemple, si la différence entre les deux premières mesures est de 20 mm/Hg, la technologie MAM éliminera automatiquement une partie de la différence et ne comptera que la moitié de la différence entre les deux mesures dans son calcul de la moyenne. Si la différence entre deux mesures est trop élevée, le tensiomètre assumera que le patient à bougé, qu’il y a eu un artefact, et l’appareil éliminera donc cette mesure et reprendra automatiquement une quatrième mesure.

La technologie MAM est donc parfaitement adaptée, surtout pour des patients qui, pour de diverses raisons, n’affichent pas une tension stable.

Poignet versus brassard ?

Une question qui m’est assez souvent posée est la question du tensiomètre brassard versus le tensiomètre poignet. Lequel est mieux ?

Les médecins adorent détester le tensiomètre poignet. Il se vend maintenant en France plus de tensiomètres poignet que de tensiomètres brassard. Les tensiomètres poignet sont moins chers, plus petits et sont perçus comme étant plus pratiques. Le tensiomètre poignet est souvent plus utile pour des patients qui ont besoin de s’en servir plus souvent et aussi pour les patients obèses qui n’arrivent pas à trouver des brassards adaptés à leur tour de bras.

Il est certain que le tensiomètre au bras est médicalement plus précis. L’artère au niveau du bras est plus ou moins de la même taille que celle qui quitte le cœur et il y a donc moins de variations à ce niveau. Donc pour un diagnostic médical précis, je me sers toujours d’un tensiomètre au bras. C’est certainement la meilleure solution clinique.

Quoique pendent des années les ventes des tensiomètres au poignet ont été supérieures en pharmacie que les ventes de tensiomètres au bras, il y a maintenant un retour vers le tensiomètre au bras et en Allemagne, en Angleterre et au Japon, les ventes de tensiomètres se sont équilibrées à plus ou moins 50/50. En France, dans les deux ou trois prochaines années, nous trouverons cet équilibre et les ventes de tensiomètre au bras s’équilibreront avec les ventes de tensiomètres au poignet.

Mais c’est ici que le pharmacien jouera un rôle crucial. C’est au pharmacien de dire à son patient quel tensiomètre choisir. Si un patient à l’intention de tout simplement faire de l’observance de sa tension pour voir si sa tension est stable ou si elle évolue, il peut tout à fait utiliser un tensiomètre poignet. Si le patient est obèse, il obtiendra aussi souvent de meilleurs résultats avec un tensiomètre poignet. Si par contre il a besoin d’un diagnostic précis par ce qu’il est en situation d’urgence tensionelle, il devrait utiliser un tensiomètre brassard.

C’est Marcel Proust qui a dit que le vrai voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à regarder les choses avec de nouveaux yeux. Quoiqu’il est certain que les tensiomètres brassards sont plus précis, les tensiomètres poignet sont souvent plus utiles pour certains patients, et ils ne doivent pas être rejetés pour des simples questions de marketing ou de perception médicale.

A propos de HealthWorks :

HealthWorks, société crée par Uwe Diegel à la suite d’un incident médical dans sa famille est aujourd’hui un leader mondial dans le développement de solutions pour le transport et stockage de médicaments et fait de la recherche fondamentale dans les maladies artérielles périphériques.

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